jeudi 8 décembre 2011

SOS Hiverdose !

Depuis que la nuit tombe tôt (9h30 ce matin), que les degrés deviennent une denrée rare, je suis atteinte d’un sale microbe. Pas la grippe, ni même la bonne vieille gastro qui aurait le mérite de faire reglisser mon fessier dans mon jean de cet été (les raclettes/ patates étant passées par là). Non, un mal plus vicieux… une bonne vieille Flémingite de saison !

Explication (pas trop longue, faudrait pas se fouler un doigt sur le clavier tout de même).

Quand mon réveil sonne… je claque péniblement chéri pour qu’il prenne les choses en main.
Je ne me lève pas de mon lit, je fais un roulé-boulé qui me fait atterrir esthétiquement au pied de mon lit comme une *****.

Je ne choisis pas une tenue, ma tenue me choisit. Ce qui explique ce matin que je porte mon T-shirt Angéline Mélin « Vendredi » qui me fait sentir un peu plus proche du week-end même si on est jeudi (et que c’est un T-shirt de Pyjama).

Je me suis prise à râler, il y a quelques jours, des « 10 minutes » de marche qui séparent mon appart de mon agence ! Outrageant non ?! Ben « I did it » !

Quand il fait beau je n’ai pas envie de bosser parce qu’il fait beau.  Mais quand il pleut c’est encore pire. Pourquoi bosser ? la vie est si décevante !

Je ne vis que pour les moments de pause : le café de 9h30, le verre d’eau de 9h35, le café de 10h…vous avez compris le principe. Dès 11h, je me projette sur mon steack frite du dej, c’est pour dire…

J’ai réintégré un temps fort « goûter » à l’agence. Pour supporter ces journées où je ne bosse pas (puisqu’il fait moche…ou beau), je cherche en effet le réconfort dans un goûter d’écolier obèse (nutella, kinder, nutella). Je n’ose même pas avouer que je viens de m’attaquer à un œuf de Pâques Vintage (là depuis 2009), égaré dans mon tiroir de bureau (la gastro n’est peut-être pas si loin après tout).

Il est 17h, la fin de journée approche (ceux qui ne s’esclaffent pas à ce moment-là sont encore plus atteint). Depuis que j’ai terminé ma tartine de nutella / kinder / nutella, je fantasme déjà sur mon kir/ cacahuètes de 19h qui a l’ambition de me remettre de… cette groooosse journée !


La question est lancée :
Suis-je simplement atteinte d’un mal saisonnier qui touche tout à chacun, en cette saison si tristement dénommée « Hiver » ?  Suis-je entrain de sombrer en pleine Hiverdose ?
Ou dois-je simplement m’auto « flageolet » (humour léger^) ?

Je vous invite à prendre vos zapettes de sous vos sièges et à voter ! 





mardi 9 août 2011

Un mois d’août à Paris : Inconvénients et … inconvénients !


Cette année, je décide de me lancer dans une expérience incongrue… Je passe mon mois d’août…à Paris ! Totally crazy la nana, je sais. Les mauvaises langues diront que c’est parce que j’ai pris mes vacances en juillet mais bref !
Afin de tirer une analyse hautement scientifique de cette expérience de rat de laboratoire, je vais donc dresser la liste des pour et des contre. Je me lancerai bien dans la mise en place d’un SWOT (S-trengths (forces), W-eaknesses (faiblesses), O-pportunities (opportunités), T-hreats (menaces)) pour mes amis du marketing mais on reste en août donc allons y mollo pour les neurones.

UN MOIS D'AOUT À PARIS – FORCE(S) :

Pour citer ma copine Lucile (qui essaye de mon remonter le moral en m’envoyant un mail de sa F*****G plage ensoleillée) «  Ah c’est génial Paris en août, le métro est vide ». Oui Lucile, tellement vide que quand tu vois un groupe de touristes débarqué tu sais que ça va être pour ta pomme ! Et oui tu es instantanée prise à partie pour les diriger vers le monde merveilleux de…Eurodisney ! What else ? Jour après jour, tu deviens ainsi, sans t’en rendre compte, hôtesse d’accueil du Club Mickey !

Et non Lucile, je n’irai pas risquer d’user mon nouveau deux pièces à Paris Plage, ma « paschezmoiphobie » m’en empêche !
Et puis, si tu es passée à côté, sache qu’ici, à Paris, il fait un temps (comment dire)…à décourager un Breton. À tel point qu’hier je me suis perdue dans l’espace-temps et ai demandé à ma mère ce qu’on faisait pour Noël « parce que cela arrivait à grands pas ».

Ps : Lucile, arrête de m’écrire, et surtout vire moi ta signature de mail «  envoyé de mon iphone de la plage »… « LOL » !!

UN MOIS D'AOUT À PARIS – FAIBLESSES :

-       Tu marches sur les clous de tes talons parce que tous les cordonniers de ton arrondissement reviennent fin août.

-       Tu prends 4 kilos puisque ton « objectif maillot » est derrière toi et prend des allures « d’objectif mayo ».

-       Tu as deux fois plus de boulot puisque tu dois gérer les dossiers de tes collègues qui se prélassent au loin. Et ça, ça ne colle pas vraiment avec tes horaires de saison : 11h-12h / 15h-16h.

-       Tu désertes Facebook quatre longues semaines pour t’éviter d’être le triste témoin des vacances des autres : « J-4 avant les vacances », « Laura est à Panama City ». Du coup, sans facebook, tu te fais encore plus chier au taff .

-       Tu te dis que tu vas en profiter pour faire des choses inédites, genre trier tes fringues, ou classer tes docs administratifs pas touchés depuis naguère… mais ça tu ne le feras jamais, soyons lucides.

-       Chaque lundi, tu es victime d’un retour de vacances de collègue qui t’impose un dej pour te raconter ses vacances et mieux se la péter avec son teint hâlé (qu’on ne sait pas d’où il tient d’ailleurs puisqu’il revient de Bretagne). Tu es pris en otage devant un diaporama « photos de bobonnes en maillot ». À te couper l’appétit.

-       Tu ne fais pas la queue 2h à ton monop, et ça en tant que Parisienne ça te déstabilise complètement. Tu es nostalgique de ces moments où tu insultes la caissière pour qu’elle aille plus vite.

-       Les soldes sont terminées, mais tu termines à 16h donc tu vas quand même shoppinger et te retrouves à acheter manteau d’hiver, bottes en cuir… Le pire c’est qu’avec cette météo, tu peux déjà les étrenner.

La liste est malheureusement sans fin mais comme on m’a appris à toujours conclure sur une note positive…heu…non…ah si…ben non…non, vraiment, je suis désolée, j’ai rien…


mardi 24 mai 2011

Conne-sommatrice

Comme toute non-ménagère qui se respecte, les courses alimentaires restent pour moi un calvaire hebdomadaire qu’il faut accomplir au plus vite car, au risque d’en choquer certaines, je ne m’y épanouis pas. Mais alors, pas du tout. Est-ce le concept de devoir se coltiner un panier en plastique anti-glamour au fond duquel un bout de salade jaunis s’est logé une fois sur deux ? Est-ce faire la queue comme à Euro Disney mais pour une attraction toute miteuse (un tapis roulant sur lequel je ne peux même pas m’asseoir ! Ouahhh.). Est-ce l'obligation de mettre une doudoune pour traverser le cercle polaire alias "le rayon surgelés" ?
Je ne sais pas …
Mais je dois l’avouer, ma vie et ma conception de cette tâche que je faisais jusqu’ici à reculons ont changé très récemment grâce à quelque chose d’inattendu … une offre promotionnelle ! Je sais, je sais… 
Dans mon supermarché parisien, une offre complètement folle a été lancée : sur certains produits, accrochez vous, pour un article acheté le deuxième est offert. Cela ne parait rien comme ça mais imaginez deux secondes : si j’achète un paquet de jambon sans sel, le deuxième m’est offert… OFFERT. Je n’avais jamais vu cela, de toute ma longue et parisienne de vie (bon à la base je n’aime pas le jambon, encore moins celui sans sel, mais ça a suffit à me réconcilier avec).
Du coup ma relation avec la « mission course » a changé fondamentalement. Si j’étais sur Facebook, je passerai d’une « relation libre » à « en couple » tellement je me sens maintenant engagée avec mon super supermarché. J’y vais la tête haute dans l’espoir de trouver LE bon plan du jour. Mon taux de fréquentation est largement en hausse. Je dis bonjour au vigile (je ne prétexte plus de lire un sms quand je passe devant lui). Je souris dans les rayons, je traîne, je flâne, je ne passe plus mes coups de fil à Mamy pour occuper mon temps. Je ne fais même plus semblant de ne pas voir cette petite vieille à la caisse  qui mériterait largement de passer devant moi (arrêtez, on l’a toute fait un jour… non ?). Bref je suis HEUREUSE à la simple idée d’imaginer un nouveau produit sur lequel cette offre miraculeuse est appliquée.
Le seul bémol car il y en a toujours un : je sais que cette période Glorieuse a une fin, mais je ne sais pas quand et cela risque de m’arracher le cœur (les vicelards du marketing n’ayant naturellement rien précisé afin de mieux tenir le consommateur en haleine).
Deuxièmement (oui en fait il y a deux bémols), cela fait bientôt 15 jours que je me nourris des mêmes gâteaux au chocolat, ceux en forme d’animaux, judicieusement appelés les Zanimos (au petit dej, au dej et au dîner). J’en ai fait une telle obsession que j’en suis arrivée à découper mon steak en forme de girafe. Hier j’ai voulu faire ma lessive, je me suis retrouvée face à deux bouteilles d’assouplissant mais sans lessive, l’offre n’étant naturellement valable que sur le produit le moins utile ! Cela fait donc plusieurs semaines que je me retrouve à porter mes fringues de 6ème.
Troisième bémol (oui en fait il y en a trois), je ne me sens plus maître de moi-même. Le matin, ma première pensée va au nouveau produit qui sera peut-être en promotion avec l’espoir secret que cela puisse être un produit de beauté ou de maquillage.
C’est officiel, et c’est surtout désespérant, je suis victime de la fièvre acheteuse… 
dans mon supermarché !

lundi 2 mai 2011

Le mythe de la Princesse is not dead !



Victime de la sur-surmédiatisation de l'évènement Royal de l’année (le tant attendu mariage de Kate & Will pour ceux qui vivraient dans le Larzac), un chiffre bourdonne dans mes oreilles et me pousse jusqu’à la réflexion : si j’en crois les sources journalistiques, c’est presque deux milliards de spectateurs qui ont suivi l’union du couple british !!

Outre mon inquiétude pour l’activité économique mondiale qui a dû essuyer un beau ralentissement sur cette journée, cela m’amène surtout à penser que le mythe du Prince et de la Princesse est, en cette année 2011, toujours d’actualité. Unbelievable, isn’t it ?!

Alors que chaque wonderwoman de cette décennie est prête à tout pour revendiquer son indépendance et son autonomie, allant parfois jusqu’à accuser un homme simplement courtois de machisme ou de sentimentalisme,  se pourrait-il qu’au fond cette « independant woman »  se nourrisse toujours de rêves de princesse ?
Ces revendications féministes, cette lutte perpétuelle pour l’égalité des sexes ne serait-elle finalement qu’une façade pour oublier des espoirs déchus de conte de fées ?

Sinon pourquoi tant d’intérêt autour du mariage de sombres inconnus alors que vous n‘avez pas hésité un instant à rater celui de votre tante Lucette, juste parce qu’il était calé le 1er week-end des soldes d’été ?! (de vous à moi…avouez!).
D’après le site Serencontrer.com, ce sont plus de 4 jeunes femmes sur 10 qui s’apprêtaient à suivre le mariage de Kate & Will, mettant ainsi au tapis les audiences de Gossip Girl, c’est pour dire. 
Une conclusion s’impose donc, et j’en suis la première surprise : le Romantisme n’est pas mort (les chiffres parlent, ils chantent même).
Admettez  que si Jules venait vous chercher demain au bureau en carrosse, avec un bouquet de roses et un sourire mielleux, vous sauteriez dedans… la tête là première, au péril même de votre vie.
Parce qu’au fond, même si elle se doit d’être bien cachée pour subsister dans ce monde de brutes, une petite princesse sommeille dans chacune d’entre nous. Une version moderne de la princesse certes, de celle qui gagne sa croûte et va aussi chasser le gibier avec Jules, mais une princesse tout de même…


 © Carl Court / AFP

lundi 11 avril 2011

Stilettos de la mort …

Il m’aura fallu quelques jours pour coucher cette anecdote sur le papier, tant l’histoire m’est douloureuse (au sens propre). Un épisode désormais marquant de ma vie qui, je dois bien l’avouer, a failli me la coûter ! Sans plus attendre donc The Story :

Profitant de ce temps radieux dont il nous est permis de jouir depuis quelques semaines, je me décide enfin (cette fois persuadée que ce n’est pas une farce et que le soleil est bel et bien là à Paris) à étrenner une de mes jupettes d’été avec ma nouvelle paire de talons hauts. Ces dernières étaient exposées chez moi tel un trophée depuis déjà quelques jours, je n’attendais plus que le « perfect moment ». Le soleil + le rendez-vous professionnel pendant lequel je devais « briller » m’apparaissaient donc comme des signes.
Pourtant, et je ne savais pas vraiment pourquoi car cela ne faisait pas partie de nos discussions du matin, mais « Chéri », d’habitude peu porté sur ce genre de détail, me déconseillait largement  de « sortir » mes nouveaux stilettos.
Intérieurement je savais qu’il avait raison, mais mon envie de me la « péter » avec mes Fashion Shoes et de sentir quelques regards envieux sur moi l’emporta.

Ces chaussures, je commençais tout juste à les apprivoiser et, soyons lucides, je ne les maîtrisais pas… mais ce que j’ai encore moins « maîtrisé » c’était la chute, tête la première, dans les escaliers du métro qui s’en est suivit.
Une sombre rencontre d’un bout de fer qui dépassait d’une marche sur laquelle mon escarpin a semble t-il buté, pour finalement me faire « manger » quelques bonnes dizaines de marches. F*****G métro parisien !!
Mais pour reprendre le titre d’un de mes films préférés, je vais bien ne vous en faites pas.
Une fois les « appeler les pompiers ! », et les « ne bougez pas mademoiselle ! » (ce qui n’était de toute façon clairement pas dans mes projets du moment) passés, je fais ma Wonder Woman : j’annule le « call » aux pompiers, je fais ma fille stoïque, je me lève (ignorant ma cheville éclatée) et me hisse tant bien que mal dans le prochain métro pour finalement m’effondrer en larmes, en toute classe et discrétion.

Résultats : une belle culture de bleus bien sur, multiples et de toutes formes. Mais dans mon malheur j’ai de la chance puisque le Color Block est à la mode.
Les signes étaient pourtant là :
Stilettos non apprivoisés + rendez-vous matinal * + conseil mode de Chéri = Mauvais présage.
Mon enseignement sur cette sombre mésaventure : La mode oui, mais pas au prix de ma vie.
Ma résolution : définitivement me mettre au Legwork ! Autrement dit au fitness sur talons.

*Note : dans l’événementiel, dès qu’un rendez-vous est fixé avant 11h, on parle de rendez-vous matinal !



Aujourd’hui mon sentiment vers ma paire de stilettos reste partagé, je les ai désiré, je les ai tant aimé, mais elles m’ont trahis et m’ont fait si mal. Un peu l’histoire de la vie après tout.
Il paraît en effet qu’entre l’amour et la haine, il n’y a qu’un pas… et bien ce pas là m’aura coûté cher !





mercredi 6 avril 2011

Toutes des brebis face à la mode ?



Ceci n'est pas l'énoncé du prochain sujet du bac philo (bien que cela dépoussiérerait bien le vu et revu "l'Homme est-il un loup pour l'Homme ?") mais une vraie question que j'ai été amené à me poser ce matin. 

Vous l'aurez compris nous sommes "belles" et bien une agence de filles, une Vraie. Et comme toute agence de nanas qui se respecte on a notre Fashion Girl, Margaux. Margaux est de toutes les tendances. De la Marinière de l'été dernier, au Country Chic de cet hiver, elle est sur tous les fronts. Elle est même fondamentalement persuadée d’être à l'origine du retour du Liberty, et ne tentez pas de la contredire.

Bref, dans notre penderie, elle est notre phare. On la respecte, parfois même on l'admire... et on la copie/colle ! Du coup ce matin, en cohérence avec la tendance du Color Block qu'elle nous avait gentiment exposée la veille à la machine à café, nous sommes toutes arrivées en couleur flashy uniforme (pas peu fières je dois l'avouer, genre bonne élève) : l'une avait misé sur le total look red, l'autre sur un beau bleu et je vous le mets dans le mile, Emilie, qui a toujours un peu de mal à se lancer, était restée sur un total white style qu’elle use, certes avec élégance, depuis 2 ans.

À l'heure de notre rendez-vous avec le plus gros client de l'agence, on se positionna autour de la table de réu’ comme à notre habitude : Emilie au centre, Margaux à sa gauche et moi à sa droite. Avant d’attaquer l’ordre du jour, notre client nous toisa et nous demanda s’il y avait une raison particulière à célébrer le 14 Juillet quelques mois à l’avance.
Trois bonnes secondes nous ont alors été nécessaires pour réaliser quelle belle brochette nous faisions :
bleu / blanc / rouge ! Vive le color block !

Margaux, notre créative, a tout de suite imaginé l’exploitation du filon pour notre client hollandais : reste plus qu’à trouver un moyen de le recevoir à l’horizontal…


* Pour celles et ceux qui ont échoué à l'épreuve de géo du Bac

lundi 21 mars 2011

Iphone… mon Ami, mon Amour !



Ce matin en surfant,  je tombe sur un article du Figaro Madame qui évoque un concept US qui ne me laisse pas de marbre : le « unplugged challenge ». Je vois aussi que Reese Witherspoon va se remarier, on est très contente pour elle mais ce n’est pas le sujet du jour (ni de demain).

Pour tous ceux ayant boudés la langue de Shakespeare, le « unplugged challenge » consiste tout simplement, le temps d’une journée ou d’une simple demi-heure selon sa motivation, à se déconnecter et à débrancher l’ensemble de ses outils électroniques et informatiques (Smartphone, ordinateur, télévision), sans lesquels, avouons-le, nous sommes peu de chose aujourd‘hui.

Même pas peur ! C’est décidé, je me lance ! Et avant même d’attaquer, j’envoie déjà un mail à tout mon réseau et préviens mon bureau que, le temps du dej (1h soit 60 minutes de vie rurale), je serais « totaly unjognable » (iphone, mac, je coupe tout). Une fois l’annonce faite sur mon statut facebook et sur mon twitter, tout le monde est averti. Je reçois des messages touchant de soutien «  Courage, lol », « On est avec toi », « Tu vas les avoir ».

11h59, je trépigne. Peut-être le moment d’une véritable révélation spirituelle pour moi…
12h00, ma main tremble mais je parviens à éteindre mon iphone in extremis. Je fais temporairement mes adieux à mon mac chéri. Touche finale, je coupe même mon Tam-Tam. Je respire, je me sens déjà plus légère… sans attache.

Pour célébrer ma bravoure, je vais me payer un sandwich (celui qui me fait de l’œil tous les midis avec son kilo de mayo alors que je suis en plein régime Ducon).
Devant moi, une nana de 20 ans raconte au téléphone comment elle s’est fait larguer par un mec de 45 ballets via sms (« C fini entre ns »). C’est triste mais j’ai bien envie de partager cette info insolite avec le monde entier. Ma main caresse mon Iphone dans ma poche, mais non, restant forte, je la maintiens sur le cuir délicat de mon sac à main.

Sur le chemin de l’agence, je croise Emilie qui me lance un « alors ? », compatissant. À ce moment-là,  j’ai le bourdon,  je dois bien l’avouer. J’ai l’impression d’être Virginie Efira dans « Rendez-vous en terres inconnues » : perdue, esseulée, à des milliers de kilomètres de de mes réseaux sociaux, et sans le sexy Frédéric Lopez. Discrètement, pour me sentir mieux et obtenir une légère bouffée d’oxygène, je « poke » Emilie sur son épaule.
Arrivée à l’agence, je garde l’habitude d’avaler mon « dwich », en tête à tête romantique avec mon ordinateur éteint. 
On se regarde dans le blanc des yeux au moins 20 minutes. Le petit bruit qu’il fait quand je l’allume résonne dans mes oreilles et me manque terriblement.
Soudain je suis prise d’angoisse. Et si j’étais en train de rater THE info ?? Affolée, je me faufile tel un paria à la machine à café afin de glaner des news toutes fraîches. Mes collaboratrices évoquent tous les derniers fashion potins qui font suite à la fashion week. Je retwitte mentalement et soigneusement d’un battement de cil toutes les infos.

Désespérément en manque de « like », je lève mon pousse (comme dans les années 90) pour féliciter Margaux sur sa toute nouvelle robe à pois Paul&Joe. 

Attristée, vidée, je comprends alors qu’il est trop tard pour moi. Le constat est « coton » : I’m totaly addicted ! Honteuse, telle Paris Hilton sans sa dose, je file aux toilettes pour rallumer mon Iphone chéri en toute discrétion.

Et c’est bel et bien de cet endroit incongru que ma vie reprend !